Avais écrit ça il y a quelques jours. Conservé dans mes brouillons. M'étais dit que j'allais prendre le temps de le rédiger correctement. Finalement, pas le temps. Alors le flot de mes pensées
amoureuses à l'état brut. Pour me souvenir, donc inintéressant à lire pour les internautes, je préviens.
Etre à tes cotés, au lit, et lire Virginia Woolf. Lire à haute voix les passages que je trouve
beaux.
A ce moment-là, t'entendre lâcher ce petit soupir, suivi de ta tête sur mon épaule, qui laisse deviner que tu portes ton petit sourire de
satisfaction. Ou, d'autres fois, t'entendre respirer profondément, je te regarde: tu dors. Quand tu dors, je me dis qu'une partie secrète de ton esprit m'a peut-être entendue. Tu as l'air
apaisée. Je continue ma lecture. Virginia Woolf, toujours saisissante. Je lis intérieurement les passages qui me plaisent outrageusement. Je corne les pages. Je ne dis rien à haute voix. J'espère
silencieusement que mon âme n'a rien communiqué à la tienne. Parano jusqu'au bout.
Regarder la télé (événement rare) avec toi. Me dire qu'on a une belle vie, en fait, que ça pourrait être bien pire.
T'imaginer en maman: affectueuse, sévère, protectrice, drôle, rationnelle, forte, apaisante.
Entendre ton humour noir. Entendre tes moqueries, alors que tu es si gentille.
Me retenir de pleurer quand on regarde des films ou des documentaires bouleversants, alors que je sais que tu sais que je me retiens.
Te regarder, pour me moquer: "Bah alors, tu pleures?! ;)"
Me dire que tu connais le moindre recoin de mon esprit, de mon coeur (pour parler connement), de mon âme, de ma vie, de mon passé, de mes peurs, de
mes hontes; sans le moindre faux-semblant.
Lire les articles de journaux que tu m'envoies par mail, sans le moindre mot. L'air de dire : "J'ai pas le temps de mettre les formes, mais lis ça";
ou alors: "Article très intéressant, t'en penses quoi?"; ou encore: "Je suis choquée par cet article à la con, et toi?". Bref, jamais le moindre mot, et ça me va comme ça.
La peur que tu éprouves quand j'éteins la lumière et que je change ma voix et mon regard, pour avoir l'air d'un psychopathe serial-killer prêt à
tuer de sang froid (ouh!); comme si tu oubliais qu'il s'agissait simplement de... moi. Le moment où tu me supplies implicitement, tout juste suivi du moment où tu te mets en colère.
Quand tu me fais tes yeux de lémuriens.
Quand le soleil illumine tes putains d'yeux verts-gris-jaunes. Quand tes cheveux sont méga blonds.
Quand t'es suspicieuse, alors qu'il n'y a que toi.
Quand je t'ai dit que j'allais écrire (ou laisser un commentaire) à une ex et que tu m'as encouragée à le faire, au lieu d'agir comme le commun des
mortels. Parce que tu me comprenais. Parce que tu sais ce que veut dire "humain", pour moi. Parce que tu comprends le sens des relations: au-delà des blessures, au-delà des fausses notes, il y a
avant tout des vies. Des vies qui peuvent s'arrêter, au sens propre. Et, oui, maintenir une forme de contact, c'est un moyen d'éviter d'apprendre la mort des gens qui ont compté, 3
mois plus tard, par facebook; et un moyen d'éviter de vivre - ensuite - dans le regret. A ce moment-là, je crois pouvoir dire que les faux-pas, les maladresses, les paroles blessantes, nous
apparaissent à leur juste valeur: insignifiantes, à côté du reste.
Quand tu as du mal à écouter certaines de mes compositions, parce qu'elles ne parlent pas de toi. Puis que tu finis par dire "OK, allez, c'est
bon... j'essaye de faire abstraction, je t'écoute"; et que tu ris nerveusement en plein milieu, parce que tu n'as pas réussi à faire abstraction, finalement. Quand tu réussis, que tu me dis:
"Nan, vraiment, elle est bien ta chanson, en toute objectivité", et que je me dis: "Mouais... en toute subjectivité, tu veux dire... ça compte pas".
Quand tu râles parce que je suis en retard.
Quand tu me dis que tu as pris du poids. Que je te dis que c'est vrai, mais que je m'en tape, que je t'aime comme ça. Et que tu m'engueules... Alors
que... j'ai juste confirmé ce que tu avais dit (et que c'est objectif).
Quand on se retrouve dans des situations vraiment étranges et qu'on n'a même pas besoin de se consulter par le regard pour savoir ce qu'il en
est.
Quand tu me manipules brillamment le jeudi soir.
Quand tu veux corriger mes copies... ;)
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